Gardien du Temps et théorème d'incomplétude de Gödel


Image Image Image Espace… frontière de l'infini vers lequel voyage notre vaisseau spatial… Sa mission : Explorer de nouveaux mondes étranges, découvrir de nouvelles vies, d'autres civilisations, et au mépris du danger, reculer l'impossible…
Coefficient espace-temps 2413 point 4 ; journal de bord de l’Enterprise
Nous nous sommes approchés d’une planète aux caractéristiques et dimensions similaires en tous points à la Terre et nous nous apprêtons à nous y rendre dans ce qui pourrait être comparé à l’Europe, vu depuis l’orbite…

…après vérification de l’atmosphère etc. , le Capitaine Rik, Tranby et moi même sommes téléportés (« Spock : beam me down !! ») dans ce qui est une grande ville, pour tenter de rencontrer les habitants de cette planète…

…personne ! Pas une âme qui vive dans ce qui est sans conteste une grande métropole qui semble correspondre exactement à ce que devait être Paris dans les années 1880 : des bâtiments de pierre et d’acier, des rues pavées et des voitures à cheval. Les affiches partout vantant l’industrialisation et la modernité des grosses machines-outils à vapeur ainsi que ces ouvrages d’art en poutrelles métalliques rivetées et ciselées… mais personne et rien ne bouge… pas même un chien errant ou quelqu’engin fonctionnant encore et donnant l’illusion d’une vie active… rien… le statu quo…

…nous entreprenons de comprendre ce qu’il peut se passer cependant que nous arpentons les rues de cette ville abandonnée. Nous découvrons au passage beaucoup d’indices attestant effectivement que ce que nous visitons ressemble clairement à Paris à la fin du 19è siècle, mais comme un décor de musée, vide de toute vie. Tout correspond : de la mode des vêtements en magasins aux technologies proposées dans les divers aspects de la vie – ici absente – quotidienne, les moyens de transport sur ce qui pourrait être la Seine, dans les rues, les méthodes de construction, les objets toujours très présents dans les vitrines des magasins ou des échoppes. Nous observons et tentons de trouver un indice sur ce qui expliquerait la disparition de la population…

…un objet insolite, inouï ! Quelque chose que nous avons du mal à placer dans le reste du décor tant la technologie semble avancée vis-à vis du reste de ce que nous pouvons voir, et dont la fonction est pourtant évidente : c’est un garde-temps que l’on doit porter comme un bijou à son poignet !! Suivant les codes de cette époque, on aurait pu s’attendre à trouver des montres à gousset plus ou moins gros et plus ou moins précis, mais là, il s’agit d’une merveille de miniaturisation pour une montre aux formes étranges qui se porte apparemment au poignet… Nous décidons de nous concentrer sur cet objet…

…la montre-bracelet fonctionne encore. Nous l’avons trouvée dans une boîte vitrée, ou plutôt « hublotée », accrochée sur un portique qui tournait. C’était bien la seule chose en mouvement dans cette ville terriblement statique.
L’objet lui même est splendide et d’une qualité surprenante. Les matériaux sont précieux ce qui renforce l’idée que ça devait se porter au poignet, comme un bijou. Et le style est conforme à l’époque… quoi qu’il pourrait être conforme à toutes les époques : même dans l’Enterprise, ça ne semblerait pas d’une autre époque.
Ce qui est très surprenant, c’est la complexité technique de l’objet lui-même. Le fond de la montre,transparent, laisse entrevoir un mouvement un peu similaire aux mouvements mécaniques des montres à gousset du 19è siècle sur Terre. Mais comment a t-il été possible de réduire ce mouvement et de faire cette somptueuse boîte qui s’accroche au poignet comme si les montres avaient toujours été prévues pour cela ? Mystère…

…il semble que la montre-bracelet indique, derrière 4 hublots séparés, l’heure, la date, le jour de la semaine, le mois et le type d’année – bissextile ou pas – suivant le calendrier grégorien toujours en vigueur même à bord du vaisseau. Mais ce qui est très-très remarquable, c’est que d’après nos calculs faits sur l’ordinateur de bord : elle est à la date et à l’heure très précisément, à la minute près !

…nous avons entrepris de démonter la montre-bracelet pour mieux percevoir le mécanisme fabuleux qui la fait vivre encore là où tout le reste n’est que figé et désespérément désert. Comment cette montre peut-elle encore afficher ses indications correctes avec une telle précision ?...

…un mécanisme de remontage automatique, invisible lorsque la montre n’est pas remontée, a permis à la montre de continuer à fonctionner depuis très-très longtemps en restant dans son coffret tournant ; ce système indique une fois encore, s’il en était encore besoin, que c’est bien au poignet que la montre devait se porter. Les montres que nous connaissions sur Terre au 19è siècle étaient bien parfois pourvues d’un système de remontage automatique à secousses, mais ce dispositif à rotor avec une masse oscillante, de surcroit invisible sur la montre, est tout simplement incroyable. Le mécanisme permettant à la montre, dans une taille aussi réduite, de correctement tenir compte des irrégularités du calendrier Grégorien – mois en 30 ou 31 jours, etc. – est vraiment fantastique. L’horlogerie intégrée à cet objet d’art est d’un niveau qu’on n’imagine pas en voyant le reste de la ville…

…les finitions, les décorations sont également très soignées, bien qu’il semble indubitable qu’elles aient été faites par la main de l’homme. Aucune machine, même aujourd’hui alors qu’on fabrique l’Enterprise, ne saurait refaire cela. En cherchant dans les archives, nous avons retrouvé les noms donnés à ces travaux de finition : il s’agit d’anglage, de côtes, de guillochage, de polissage, perlage… Tous ces ouvrages sont représentés dans cette montre de la façon la plus emblématique qui soit, la plus parfaite : cette montre-bracelet semble être l’ambassadrice d’une horlogerie qu’on aurait manqué de remarquer à la fin du 19è siècle sur Terre.

…nous n’avons pas su remonter la montre-bracelet. Mais nous abandonnons nos recherches ici : il faut partir. Nous n’avons pas compris où nous étions arrivés.
Dans un premier temps, nous avons sincèrement pensé à un saut dans le temps qui nous aurait ramenés sur Terre à la fin du 19è siècle ; mais nous ne comprenons pas pourquoi c’était désert et inanimé. Puis cette montre-bracelet nous a semblé passablement anachronique – comble pour un tel objet, surtout lorsqu’il continue de remplir correctement sa fonction. L’idée d’un saut dans une autre dimension nous est apparue alors comme la plus probable, ce monde étant une représentation de ce qui existait sur Terre à la fin du 19è siècle à la manière d’une maquette. Mais un tel garde-temps continue de nous intriguer cependant qu’il nous éblouit par sa perfection technique et esthétique. Nos archives ne donnent rien sur un certain Vianney Halter, le nom gravé à l’arrière de la montre ; peut-être quelque personnage d’une autre dimension oubliant là son chef d’œuvre que nous avons récupéré comme témoignage de ce qui peut probablement se concevoir de meilleur en matière d’horlogerie. Nous ne saurons sans doute jamais, mais nous gardons l’objet… précieusement.
8)
ImageImage
Image
ImageImage
Image
ImageImage

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire